Fiori di Fuoco (Fleurs de feu) est le résultat d’un projet de recherche artistique au long cours mené par l’artiste française Anaïs Tondeur, développé en étroite collaboration avec le philosophe Michael Marder et réalisé lors d’une résidence à Naples, dans la région connue sous le nom de Terra dei Fuochi.
À l’intersection de l’art, de l’écologie et de la philosophie, Tondeur a créé un herbier vivant de plantes poussant sur des sites touchés par des déchets toxiques et des traumatismes environnementaux. Sa technique, qu’elle appelle phytographie, consiste à imprimer directement des matériaux végétaux sur du papier photosensible ou des textiles récupérés, en utilisant uniquement la lumière du soleil et les réactions naturelles des plantes stressées — notamment les composés phénoliques — pour produire des empreintes lumineuses et fantomatiques.
Ces impressions botaniques ne sont pas des photographies traditionnelles. Ce sont des images lentes, co-créées avec les plantes elles-mêmes — des traces de survie et de résistance issues de sols contaminés, de cendres volcaniques et de décharges illégales. Chaque image témoigne de la vitalité silencieuse d’espèces contraintes de s’adapter et de persister dans des paysages façonnés par l’activité humaine.
Parallèlement aux images, le livre inclut une correspondance poétique et philosophique entre Tondeur et Marder, écrite tout au long du projet. Leur échange réfléchit aux paysages post-naturels, à l’intelligence végétale et à la responsabilité éthique de témoigner de l’effondrement écologique par des moyens artistiques.
Fiori di Fuoco a d’abord été exposé à Spot Home Gallery, puis à Stimultania à Strasbourg et au Le Château d’Eau à Toulouse ; il est aujourd’hui présenté au Mucem à Marseille ainsi qu’à la Purdy Hicks Gallery.
Le livre se déploie comme une exploration visuelle et philosophique — une manière d’écouter des paysages marqués par la perte et de percevoir la vie silencieuse qui continue d’y émerger.